Hymie Weiss

Hymie Weiss
Earl Wajciechowski, dit Hymie Weiss (1898-1926). Gangster américain du Chicago des années 1920, adversaire d'Al Capone. Les épisodes sanglants qui ont jalonné sa vie sont emblématiques d'une période de déliquescence de l'autorité dans la société américaine, lorsque l'état de droit était en déclin et le crime triomphant.

C'est en compagnie de son complice et ami d'enfance Dean O'Banion que Hymie Weiss fait ses premières armes : cambriolages, vols de voitures, attaques de bijouteries. Les deux jeunes frappes s'illustrent également dans la guerre des journaux en usant de méthodes violentes et expéditives. Quand O'Banion se retrouve à la direction de la redoutable bande des North Siders de Chicago, il prend son ami Weiss pour bras droit. Le gang tire ses immenses revenus de la contrebande d'alcool. On attribue l'édification de l'empire d'O'Banion aux talents de Hymie Weiss, lequel n'était pas dépourvu de qualités intellectuelles, à l'inverse de son partenaire et patron, Irlandais de souche à la tête brûlée. Les North Siders ont souvent maille à partir avec les lieutenants d'Al Capone et de Johnny Torrio, malfrats de tradition italienne qui leur disputent le territoire de Chicago.

En 1925, O'Banion est assassiné. Hymie Weiss prend sa place à la tête des North Siders et jure de le venger. Le 12 janvier 1925, au cours d'une fameuse expédition à laquelle prennent part Schemer Drucci et George Bugs Moran, il fait ouvrir le feu sur la limousine d'Al Capone. Le chauffeur est tué, Al Capone s'en sort indemne. Plus rocambolesque sera l'expédition conduite par Weiss et Moran contre Johnny Torrio. Pris sous un tir nourri sur le pas de sa porte, ce dernier, grièvement blessé, ne doit la vie sauve qu'à l'arrivée inopinée d'une fourgonnette de blanchisseur qui met fin à la fusillade en faisant fuir les deux agresseurs, lesquels sont persuadés qu'il s'agit de lieutenants de Torrio débarquant en renfort. A la suite de cet épisode, Torrio dépose les armes et part prendre sa retraite en Italie. Poursuivant son idée de vengeance, Hymie Weiss lance une nouvelle expédition contre Al Capone. Conduite par son associé George Moran, dit le Branque, celle-ci a lieu le 26 septembre 1926 et prend pour cible le Q.G. du Balafré à Cicero dans l'Illinois : mille cartouches tirées (blessant incidemment une passante et un garde du corps) n'auront pourtant pas raison d'Al Capone qui s'en sort encore une fois sain et sauf. Trois semaines plus tard, Weiss est abattu par des tireurs équipés d'une mitrailleuse postés dans un immeuble situé en face de celui qu'il occupe. Il reçoit dix balles dans le corps et meurt à son admission à l'hôpital. Il n'a que vingt-huit ans.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 16:53

Modifié le mercredi 27 juin 2007 14:16

Big Jim Colosimo

Big Jim Colosimo
Giacomo Colosimo (à gauche sur la photo), dit Big Jim, quitta sa Calabre natale pour Chicago dans les années 1890. Il y exerça d'abord la profession de balayeur, mais en même temps il était utilisé par la Main Noire, la mafia italienne, comme exécutant. Il arrondissait aussi ses fins de mois par le vol et le proxénétisme.

En 1902 il épousa Victoria Moresco, une proxénète bien plus âgée que lui. Ensemble ils ouvrirent une maison close et prirent rapidement le contrôle de plusieurs autres. Big Jim se trouva rapidement à la tête d'un empire de la prostitution et du trafic d'êtres humains. En 1909, menacé par d'autres mafieux, il appela à l'aide son neveu par alliance Johnny Torrio, qui était à la tête du gang des Five Points à Brooklyn. Peu après, les 3 hommes qui l'avaient menacé furent retrouvés morts.

Johnny Torrio s'installa à Chicago et commença à travailler avec son oncle. Big Jim ouvrit un restaurant, le Colosimo's Cafe, qui lui servit par la suite de quartier général. En 1919, Al Capone, qui auparavant était basé à New York, rejoignit Chicago et fut embauché comme barman et videur au Four Deuces, un autre établissement appartenant à Colosimo.

Vint le temps de la prohibition, et Torrio voulut se tourner vers le trafic d'alcool. Mais Colosimo refusa, préférant se concentrer sur la prostitution. En même temps, il quitta sa femme (la tante de Torrio) et se maria avec une chanteuse de 19 ans, Dale Winter. Torrio avait donc 2 raisons d'éliminer son accolyte, et le 11 mai 1920 Big Jim Colosimo fut abattu dans son restaurant par Frankie Yale, qui ne fut jamais condamné, ayant intimidé le principal témoin oculaire. Torrio et Capone furent également interrogés par la police mais ne furent pas inquiétés.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 16:56

Meyer Lanski

Meyer Lanski
Meyer Lansky était un mafieux américain. Il est né Maier Suchowljansky, dans une famille juive, à Grodno (alors partie russe de la Pologne, actuellement en Bélarus), en 1902 et est mort à Miami en 1983. Surnommé dans les médias Mastermind of the Mob (le cerveau de la mafia), il fut durant de nombreuses années le trésorier du Syndicat national du crime (d'où son autre surnom, The Ganglang finance chairman), associé avec Lucky Luciano et Frank Costello, avec une discrétion savamment entretenue. Un agent du FBI qui enquêta sur ses activités déclara que Lansky était tellement brillant, que "s'il n'avait pas été un criminel, il aurait pu être le P-DG de General Motors [première entreprise américaine à l'époque]".

Sa famille immigra à New York en 1911. Dans son enfance, Lansky tira profit de l'observation des astuces des joueurs de craps (jeu de dé) dans la rue, tout en suivant des études religieuses. Lucky Luciano, futur fondateur de la Commission (conseil de la Mafia) raconta qu'il le rencontra quant il rackettait les jeunes juifs du quartier pour leur offrir sa protection. Lansky aurait sèchement refusé cette proposition, et son courage impressionna d'autant plus que son futur associé était (et resta) de petite taille. Adolescent, Lansky fut employé comme "gros bras" par des syndicalistes et s'essaya sans succès au proxénétisme, tout en travaillant dans une manufacture, jusqu'en 1921. Avant la Prohibition, il organisa des gangs, avec d'autres juifs, afin de contrecarrer les gangs irlandais et italiens. Lansky et Bugsy Siegel, autre futur mafieux juif de grande envergure, devinrent de très proches associés, leur bande était connue comme The Bugs and Meyer mob. Ils rackettaient les commerçants, les immigrés et les prêteurs sur gages, mais leur spécialité, grâce aux compétences en mécanique de Lansky, était le vol de voiture.

Arnold Rothstein, grand bookmaker (preneur de paris) et financier de la pègre, le remarqua, et lui proposa, en 1921, de participer à son réseau de bootleggers (traficants d'alcool) avec Lucky Luciano, avec qui le Bugs and Meyer Gang collaborait déjà fréquemment. La coopération de Lansky avec ce dernier devint très étroite et symbolisa les nouveaux liens entre groupes criminelles juifs et italiens. Associés à Bugsy Siegel et Frank Costello, leurs trafics d'alcools et leurs rackets leurs assurèrent une grande influence et une large fortune. Lansky investit sa part dans des maisons de jeu. Il poussa ses coéquipiers à créer un pot commun pour corrompre les autorités et pouvoir poursuivre leurs activités. Doués pour les chiffres, il géra rapidement la compatibilité de leurs affaires. Lors de la guerre des Castellammarese (conflit entre les deux principaux parrains de New York), Lansky prodigua à Luciano (comme souvent au fil de leurs carrières) d'importants conseils, permettant à ce dernier de prendre une position dominante sur la scène mafieuse. Il joua ensuite un rôle de premier plan lors de l'élaboration de la Commission (ou Syndicat du crime).

Lorsque la Prohibition s'acheva, Lansky investit massivement dans le secteur du jeu. Il commença par les casinos de la cité thermale de Saratoga, où il s'était déjà implanté sous la férule de Rothstein, en association avec Frank Costello et Joe Adonis. Il paya grassement le gouverneur de Louisiane, Huey P. Long, pour que les mafieux new-yorkais puissent exploiter des hôtels-casinos à La Nouvelle-Orléans. Il répéta cette opération à Hot Springs dans l'Arkansas, dans le Kentucky, et en Floride. Dans ce dernier État, il mit en place un véritable empire du jeu autour de Miami, et devant l'hostilité des autochtones, dût multiplier les dons à diverses associations pour se faire accepter.

Encouragé par le dictateur Fulgencio Batista, Lansky prit le contrôle de plusieurs hôtels-casinos, dont il releva le standing, à La Havane, dans les années 1940 et 1950. À Las Vegas, il participa sans conviction aux opérations de Bugsy Siegel, et essaya sans succès d'éviter son exécution par le Syndicat.

En 1970, placé sous surveillance et traqué par le FBI, il choisit de s'installer en Israël (bien qu'initialement peu porté sur son identité juive), en bénéficiant de la loi du retour, mais le premier ministre israélien, Golda Meir, refusa son immigration, déclarant que l'arrivée d'un criminel dangereux était indésirable. Après un long périple en avion passant par la Suisse (où il aurait possédé une banque) et le Paraguay, où il fut expulsé par le gouvernement local, il dut atterrir en Floride, où il fut arrêté par le FBI pour racket. Egalement accusé d'outrage à tribunal et évasion fiscale, il s'en sortit sans condamnation, notamment grâce à un vice de procédure.

Lansky s'éteint d'un cancer en 1983, sans avoir jamais été en prison. Un avocat de Miami, Alvin Malnik, est aujourd'hui considéré comme l'héritier de son business.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 17:09

Lucky Luciano

Lucky Luciano
Lucky Luciano, l'un des plus grands criminels que le monde ait jamais connu, est né Salvatore Lucania, à Lercara Friddi (en Sicile), en 1896, et est mort à Naples en 1962. Il fut certainement le criminel dont l'influence historique fut la plus considérable. Deux versions différentes expliquent l'origine de son surnom "Lucky" (le chanceux). La plus romancée le rattache à un passage à tabac, en 1926 (un "long tour" en argot, la victime étant emmenée en voiture dans un endroit tranquile). Selon les versions, il s'agissait des sbires d'un des deux principaux parrains new-yorkais, Masseria ou Maranzano. Il s'en était sorti miraculeusement vivant, et cela avait causé plusieurs cicatrices faciales, dont l'une endommagea une paupière, toujours à moitié fermée. La version la plus vraisembable indique qu'il misait souvent sur le bon cheval lorsqu'il jouait aux courses.

Luciano immigra avec ses parents en 1906. Il commenca très tôt par le vol à l'étalage et le racket des garçons juifs plus jeunes en échange de sa protection. C'est ainsi qu'il rencontra Meyer Lansky envers qui il conserva une indéfectible amitié. À 18 ans, Luciano fut arrêté alors qu'il livrait de l'héroïne et passa six mois en prison. Sa notoriété s'accrut au sein du Five Points Gang, dont il devint un membre important. En 1920, il était un bootlegger puissant, en association avec Frank Costello, Meyer Lansky et Bugsy Siegel, et accessoirement Joe Adonis et Vito Genovese. À la même période, Costello lui fit rencontrer Dutch Schultz et Arnold Rothstein.

Lucky Luciano rejoignit ensuite la famille d'un des plus puissants parrains de New York, Joe Masseria. Alors que Luciano enrageait de voir de nombreuses opportunités de business s'envoler en raison du chauvinisme antisémite de la mafia, Masseria se méfiait de son ambition. Les épisodes suivant constituent l'épopée de la guerre des Castellammarese: les familles Masseria et celle de son rival Salvatore Maranzano s'affrontèrent de 1930 à 1931, avec pour conséquence plusieurs dizaines d'assassinats. Pour mettre fin à cette hécatombe et manigançant (avec Meyer Lansky) un plan pour prendre le pouvoir, Luciano passa un marché avec Maranzano, pour trahir Masseria, assassiné alors qu'il se trouvait avec lui au restaurant (Luciano était passé aux toilettes pour son alibi), avant de se retourner contre son nouveau patron. La vision de Luciano, son projet de syndicat du crime, sa volonté de bousculer les vieilles traditions de la mafia, ses relations (en particulier Meyer Lansky) et son sens aigu de la stratégie, ainsi qu'un charisme indéniable, amenèrent Lucky Luciano, désormais parrain de l'une des cinq familles de la Cosa Nostra de New York, a devenir le chef criminel dominant de la Commission, à l'issue de la guerre des Castellamarese en 1931.

Tout comme Rothstein, Torrio, Costello et Lansky, Lucky Luciano restait sobre, tant pour l'alcool que pour le sexe (bien qu'ayant été victime de plusieurs MST). C'est pourtant de ces deux vices (en plus du jeu), qu'il tirait le plus fort de ses revenus au début des années 1930. Luciano aurait projeté d'organiser la prostitution selon des procédés d'optimisation industrielle. Cependant, en 1936, le procureur Thomas Dewey mit à jour son réseau de prostitution et Luciano fut arrété pour proxénètisme. Lors du procès, plusieurs prostituées et souteneurs furent appelés à témoigner, et Luciano écopa d'une peine de 38 ans d'emprisonnement. Son avocat parvint à le faire transférer à la prison de Dannemora (au lieu de la prison plus dure de Sing Sing). Grâce à ses accointances politiques, il put y bénéficier d'un traitement de faveur et recevoir régulièrement ses associés, ce qui lui permit de continuer à gérer son empire.

Lorque les États-Unis s'engagèrent dans la Seconde Guerre mondiale, Lucky Luciano sut tirer profit de la situation. L'ONI (services secrets de l'US Navy) fut intéressée par la capacité de Luciano de contrôler les docks de New York (par l'intermédiaire d'Albert Anastasia et du syndicat des dockers) contre d'éventuelles opérations de sabotage d'agents nazis. Ses services inclurent aussi des contacts avec le parrain de Palerme, Calogero Vizzini, pour faciliter le déroulement de l'invasion, par les troupes alliées, de la Sicile en 1943. Conformément au marché passé avec la marine, Luciano, après avoir bénéficié de conditions de détention plus clémentes, fut libéré une fois la guerre finie, mais il fut expulsé du territoire des États-Unis, dont il ne possédait pas la citoyenneté, en 1946. Il dut s'installer en Italie, pays d'origine où il n'avait vécu que six ans .

En décembre 1946, poursuivant un voyage qui l'avait amené au Vénézuéla et au Mexique, Luciano se rendit à Cuba où il organisa (avec Meyer Lansky, Frank Costello et Joe Adonis) la conférence de La Havane, qui fut l'occasion pour lui de réaffirmer son leadership sur le Syndicat du crime. Albert Anastasia, Joseph Bonanno, Vito Genovese, Tommy Lucchese, Carlos Marcello, Willie Moretti, Joe Profaci et Santos Trafficante étaient également présents. À cette occasion, des décisions de première importance furent prises, telles que l'investissement massif dans les casinos de La Havane, et l'assassinat de Bugsy Siegel, qui après ses investissements à Las Vegas, n'avait pas pu rembourser les sommes prêtées par la Commission. Par ailleurs il formula un arbitrage dans la rivalité entre Albert Anastasia (chef de l'une des cinq familles) et Vito Genovese. Ce dernier, ambitieux vindicatif souhaitant le retrait de Luciano (la gestion de sa famille, que convoitait Genovese, avait été confiée à Costello et Lansky), provoqua une vive altercation. En février 1947, Luciano fut de nouveau expulsé vers l'Italie suite à des pressions du gouvernement états-unien sur le gouvernement cubain de Fulgencio Batista.

En 1947, Luciano s'installa à Naples (officiellement en tant que chef d'une entreprise d'import-export), où il tissa des liens avec les mafia italiennes, la Camorra, la N'dranghetta et les familles siciliennes. Considérant les énormes bénéfices potentiels d'un marché en pleine expansion, il souhaitait organiser un trafic international d'héroine, malgré les récriminations qu'il avait auparavant formulé envers Vito Genovese, précurseur contrarié sur ce terrain. En octobre 1957, il organisa au Grand Hotel des Palmes à Palerme une conférence à laquelle participèrent les principaux parrains siciliens ainsi que des représentants des cinq familles new-yorkaises, dont Joseph Bonnano et son consigliere (conseiller et bras droit) Carmine Galante. Il concrétisa ainsi des liens solides entre les mafias américaine et sicilienne et mit en place des filières de trafic d'héroïne : l'opium provenant de Turquie était raffiné en Italie. Il aurait également forgé des liens déterminants avec les trafficants corse et la pègre marseillaise, dont les réseaux de trafic de drogue furent connu sous l'appellation de French Connection.

En 1959, il piégea Vito Genovese lors d'une transaction d'héroïne dont furent averties les autorités fédérales. Au début des années 1960, il entra en conflit avec Meyer Lansky, qu'il soupçonnait de détourner des sommes qui lui étaient dues, mais renonça à agir. En janvier 1962, Lucky Luciano fut terrassé par une crise cardiaque à l'aéroport de Naples. Il a été supposé qu'il a pu être empoisonné. Il a été enterré aux Etats-Unis, la loi américaine ne considérant pas qu'un cadavre a une nationalité quelconque.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 17:21

Franck Costello

Franck Costello
Frank Costello était un mafieux américain. Il est né Francesco Castiglia, à Lauropoli (région de Calabre en Italie du Sud), en 1891 et est mort à New York en 1973. Il fut surnommé "Premier ministre", en raison de sa propension à privilégier la diplomatie à la violence et grâce à ses contacts au sein des institutions légales.

Costello immigra en 1895 avec sa mère et sa s½ur ; ils s'installèrent dans le ghetto italien d'East Harlem. À 13 ans, il intégra un gang local, qui lui décerna son nom anglicisé. À 20 ans, il fut incarcéré pendant onze mois pour port d'arme prohibé. Il s'associa ensuite avec Lucky Luciano, dans le bootlegging (trafic d'alcool), les jeux et les machines à sous.

Rapidement, Frank Costello acquit (à l'instar d'Arnold Rothstein dont il était un "disciple") une solide réputation de conseiller formant un lien entre l'underworld et les autorités (officiers de police, juges et politiciens, en particulier ceux de Tammany Hall, l'organisation du Parti Démocrate à New York). Homme des contacts utiles, il fut ainsi l'une des personnalités les plus influentes du crime organisé américain et devint membre de la Commission (grand conseil de la mafia américaine), après la guerre des Castellamarese en 1931 (règlement de compte entre les deux plus puissantes familles de New York, dont Lucky Luciano fut le grand vainqueur).

Frank Costello fut particulièrement actif dans l'installation d'une invention moderne, les "bandits manchots" (machines à sous). Lorsque le nouveau maire de New York, Fiorello La Guardia, lança en 1934 une croisade contre eux, les faisant détruire par la police, Costello passa un marché avec le gouverneur de Louisiane, Huey Pierce Long (une personnalité populiste controversée et assassinée en 1935). Il investit donc les établissement de cet État avec ses machines.

Lorsque Lucky Luciano fut incarcéré à Dannemora en 1936, Costello devint l'acting boss (parrain exécutif) de sa famille (environ 500 soldats). Son règne est considéré comme la période la plus pacifique et la plus prospère pour la mafia new-yorkaise. Les divers rackets de la famille s'étendaient jusqu'à Los Angeles (avec Siegel) et en Floride (avec Lansky) et son entreprise de bookmaking (paris), gérée par Frank Erikson, couvrait tout le territoire national. Costello étendit les activités de la famille aux casinos de Cuba et Las Vegas et investit dans l'immobilier à Wall Street. Pour consolider son pouvoir, il pouvait compter sur l'alliance de Willie Moretti, caïd du New Jersey, et, après l'assassinat de ce dernier en 1951, sur celle d'Albert Anastasia, chef de la future famille Gambino la même année.

Dans les années 1950, Costello fut la cible de plusieurs actions judiciaires qui affaiblirent sa position. En 1950 et 1951, la commission sénatoriale menée par Estes Kefauver enquêta sur le rôle du crime organisé aux États-Unis, et Costello fut amené à comparaître à de nombreuses reprises. Placé sous les feux des projecteurs des télévisions, il devint le mafieux le plus célèbre de son époque. Fidèle à l'omerta (loi du silence de la mafia) et invoquant pour ce faire le Ve amendement de la Constitution américaine, il fut jugé coupable d'outrage devant le Sénat en 1953 et passa 14 mois en prison. En 1954 et 1956, il fut condamné pour évasion fiscale mais parvint à faire annuler ses peines.

Entre temps, Vito Genovese, underboss (commandant en second) de la famille, souhaitait ardemment prendre la place de Costello. Pour éviter une condamnation pour meurtre, il s'était exilé en Italie entre 1937 et 1946 et à son retour, il constata avec aigreur que le pouvoir de Costello, ainsi que son alliance avec le puissant Albert Anastasia s'étaient accrus pendant son absence. Le rapport de force étant défavorable à Genovese, il attendit le moment favorable, plutôt que de déclencher une guerre de gangs. En avril 1957, un tueur à la solde de Genovese, Vincent Gigante, tenta d'assassiner Costello dans une rue new-yorkaise. La légende veut que Gigante aurait, tout en pointant son arme, alerté Costello en criant: "Frank, c'est pour toi!". Celui-ci s'en sortit avec une blessure au crane.

Après cet attentat, Costello décida de se retirer et laissa sa place à Genovese. Il se vengea plus tard en participant avec Luciano à la transaction d'héroîne piégée qui envoya le nouveau boss en prison. Costello finit ses jours à l'hotel Waldorf Astoria à New York, où Carlo Gambino, parrain de l'une des cinq familles, venait lui rendre visite. Il mourrut d'une crise cardiaque en 1973.

# Posté le lundi 05 décembre 2005 17:28